Sans commentaire

Au delà de l’innommable, au delà de la haine des profanateurs de religions, il y a le terrorisme de la bêtise et c’est cette terreur qui m’a fait mettre un genou à terre. Depuis une semaine, j’ai lu et entendu des propos tellement incohérents, haineux, stupides et racoleurs que je me suis fissurée. La force des médias !

Je n’ai jamais acheté Charlie hebdo et je ne me souviens pas l’avoir déjà lu pourtant comme beaucoup, je saluais l’audace et le talent de cette bande d’électrons libres. Je ne partageais pas leurs idées politiques et alors ? Je partage le chagrin des survivants. Samedi j’ai du me rendre à Vincennes, j’ai du passer devant le site du second massacre. Un silence glaçant planait sur cette place d’habitude si animée. J’ai vu la porte du magasin criblée d’impacts, une violence visuelle qui m’a fait monter les larmes aux yeux.

Je n’étais pas dans la rue dimanche, je n’y aurais pas trouvé ma place. Un moment d’union certes mais pour combien de temps ? A y regarder de plus près, j’y ai vu trop de travers à commencer par la plus grande propagande électorale que je n’aie jamais vue, des politiques avides d’electeurs jouant des coudes pour être sur la photo, c’est consternant. Des services de sécurité  surveillant une marche pacifiste alors qu’ils sont tous sur les dents depuis mercredi et enfin trop de gens avec qui je ne partage pas grand chose. Je suis restée chez moi. J’ai tenté d’écrire mais les mots ne venaient pas. J’ai dessiné un cœur et un soleil sur une carte postale que j’ai posté au journal mutilé. J’ai éteins ma télévision que je n’avais pas réussi à lâcher depuis mercredi, hypnotisée comme un lapin pris dans les phares d’une voiture, par le déferlement d’informations racoleuses et j’ai arrêté de lire les réseaux sociaux trop encombrés d’immondices. J’ai coutume de vivre dans un certain anticonformisme, je revendique mon appartenance à rien et à personne. Aujourd’hui je pleure les innocentes victimes de la haine de la liberté de culte et d’expression et je me désole du manque de respect du aux survivants. La liberté d’expression est un droit pour tous alors que chacun respecte la parole de l’autre sans colère. Ne pas oublier que l’ignorance existe et qu’hélas son éradication est pure utopie. Une dernière chose évidente qu’il me paraît bon de rappeler actuellement : avant de partager une information il faut IMPÉRATIVEMENT en vérifier la source, cela évitera de dire et de lire beaucoup de conneries et cela calmera un peu, je l’espère, les vagues de nausées de ces derniers jours.

Naïvement, j’ai encore foi en l’être humain. Je ne suis ni musulmane, ni juive, ni journaliste, ni flic, ni Charlie. Je suis juste un esprit libre.

 

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