Les anges de New York

 

 

Je ne vais pas vous parler de mon récent voyage à Gotham city, je vais vous parler de ma dernière lecture.

 

Je viens de refermer le 4e roman traduit en français de Roger Jon Ellory, Les anges de New York. 

R.J.Ellory est un auteur anglais que je suis depuis sa première parution chez Sonatine en 2009. Il a commit une dizaine de romans dont seuls 4, pour l’instant, ont été traduits dans la langue de Molière. Je tiens d’ailleurs à saluer au passage le travail des traducteurs, artistes de l’ombre à qui on oublie souvent d’associer le succès d’un livre.

 

J’ai toujours aimé l’écriture sobre et incisive d’Ellory. Au fur et à mesure de ses parutions, il se détache de plus en plus de l’étiquette polar qu’on lui a collé . Le polar est un domaine trop étroit pour lui. Parlons plutôt de romans noirs ou encore mieux, de drames humains.

Bien qu’il y ait dans chacun de ses romans une intrigue, la découverte du coupable n’est pas l’enjeu de la lecture. Le méchant, on le connait souvent bien avant la fin.

Ce que Ellory aime faire partager, c’est l’âme de ses personnages complexes, abimés par un passé difficile. Au fur et à mesure de ses romans apparait aussi un travail de recherche. Il est évident que l’auteur enquète avant la rédaction de ses ouvrages.

Pour les anonymes, son précédent bouquin, il a étudié puis relaté un passé peu brillant de l’intouchable CIA. Pour les anges de New York, il a dû passer pas mal de temps en compagnie de flics afin de connaitre les rouages de leur métier.

 

C’est là ma principale critique sur ce livre.

Durant une bonne partie du roman, j’ai eu la sensation de lire un rapport sur la façon dont travaille un enquêteur du NYPD (la police de New York), un condensé du manuel du parfait petit agent avec pléthore de détails de procédure qui, je l’avoue, m’ont ennuyé.

Je n’ai pas ressenti ce travail d’investigation dans Seul le silence, je l’ai apprécié dans Vendetta, il ne m’a pas dérangé dans Les anonymes.

 

Pour résumer les anges de New York, c’est l’histoire de Franck Parrish brillant inspecteur d’un commissariat de Brooklyn dont le père fut une légende vénérée par tous les flics de la ville. Franck, lui, n’a jamais vu son père comme un héros mais comme un ripoux qui bouffaient à tous les rateliers, un fantôme qui lui a pourri sa vie.

Raison pour laquelle, il a foiré son mariage, dépassé les limites de ses fonctions et sombré dans l’alcool.

Franck Parrish est sur la touche, il le sait. Sa hiérarchie l’oblige à consulter le psy du département ce qui l’oblige à raconter les faits d’armes de son paternel et l’amène vers une introspection, qui je l’avoue m’a ennuyé aussi.

Là encore le travail de recherche de l’auteur est un peu trop évident. Après l’exposé sur comment fonctionne l’administration policière, on a droit à un résumé bien (trop ?) documenté des meilleurs « coups » de la pègre locale.

 

Pour étayer toute cette documentation, on suit Franck Parrish et son nouvel équipier sur une affaire sordide de meurtres d’adolescentes. L’intrigue policière est un pretexte pour décrire la lassitude d’un homme abimé qui s’efforce de prouver à son entourage qu’il n’est pas comme son père, qu’il croit en la justice, que lui ne triche pas.

Les descriptions sont parfois longues, les informations sur le fonctionnement des systèmes policiers et mafieux trop poussées et personnellement, je les trouve sans interêt pour l’histoire.

 

Ce que je retiens de ce livre c’est le travail de recherches fait en amont. J’ai le sentiment qu’ Ellory a cotoyé des flics pour connaître leur milieu et leur quotidien très éloigné de celui du héros justicier. Il a voulu en faire une histoire et l’a placée dans la ville où le crime organisé à été le poumon économique du pays durant plus de 30 ans.

Le rythme du livre est saccadé comme un starter mal réglé. Parfois il ne se passe rien durant des pages, j’ai attendu dans la tête de Franck qu’il ait fini de ressasser son Blues, puis en une page tout s’accélère, l’action est rapide, intense. Hélas, l’élan ne dure pas. On tousse jusqu’à une fin qui me semble baclée, dénuée d’intéret avec une petite morale qui n’appaisera sans doute que le héros lui-même et encore, je n’en suis pas convaincue.

 

41W7Q5UYlIL.jpg

 

 

Vous l’aurez compris, ce roman ne restera pas dans ma mémoire. Ce n’est pas pour autant que je suis déçue par l’auteur. Personne, même les plus grands, ne peut être au top à tous les coups. 

 

Septembre 2013 apportera le prochain livre de Roger Jon Ellory dont le titre original est Bad signs. Je l’attends avec intéret et j’irais de nouveau à la rencontre de cet auteur adorable qui a toujours un mot gentil et le temps de me signer ses ouvrages.

 

 

 

Publicités
Cet article a été publié dans Auteurs. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

2 commentaires pour Les anges de New York

  1. Zette dit :

    Ce qui me frappe surtout à la lecture de ton billet, c’est que l’image d’un flic alcoolique avec un pathos long comme le bras, on l’a déjà lue ou vue partout. Dommage, même si ça semble bien fonctionner.

    J'aime

  2. Cathy dit :

    Pas de recherche de rédemption, du moins je n’en ai pas senti. 

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s