Lune captive dans un oeil mort

 

 

C’est le titre du roman de Pascal Garnier que Pierre nous a proposé sur son blog en lecture collective.

Je ne pensais pas trouver le temps de lire ce bouquin. J’avais donc dans un premier temps décliné la proposition. C’était sans compter sur la persuasion du taulier.

 

Je vous colle ici le 4eme de couverture:

Les Conviviales, une résidence de luxe pour séniors, promet cadre paradisiaque, confort et sécurité. Le lieu parfait pour Martial et Odette qui rêvent de couler des jours paisibles et ensoleillés.

Oui, mais… En réalité, aux conviviales, il pleut toute la journée, on tue des chats à coups de pelle, les voisins sont sérieusement névrosés et les balles fusent…

La retraite dorée tourne au cauchemar.

Avouez que c’est tentant ! Je me suis donc procuré le livre édité chez Points.

A noter aussi que la préface est signé d’un mâitre du noir que j’apprécie beaucoup : Jean Bernard Pouy

 

Le soir où je l’ai ouvert, j’ai eu une curieuse impression. Celle d’un « déjà vu » pourtant j’étais certaine de ne jamais avoir lu ce livre, j’ignorais même qui était Pascal Garnier.

Au fil des lignes, l’impression se précise avec des visages qui viennent se fixer sur chaque personnage. Martial et Odette prennent respectivement les traits de Michel Jonasz et Hélène Vincent. Maxime et Marlène deviennent Guy Marchand et Nicole Calfan.

Ca y est, j’y suis !

C’est La Résidence ! Un téléfilm que j’ai vu un soir de misère télévisuelle au printemps dernier. 

Autant le dire tout de suite, je n’ai pas aimé davantage le livre.

 

Non pas qu’il soit mal écrit bien au contraire. L’ambiance y est si pesante que je m’y suis sentie mal à l’aise exactement comme je l’ai été quand j’ai regardé le téléfilm réalisé par Laurent Jaoui tiré du roman.

 

On débarque dans une résidence encore vide, ça sent encore la peinture et l’enduit. Martial et Odette sont les premiers occupants après le gardien M. Flesh; une espèce de brute épaisse plus ou moins fantôme. Malgré le soleil et le chant des cigales, Martial regrette son pavillon de Surènes et ses copains mais bon, c’est ça la retraite, on part au soleil, on pense à plus tard, on se sécurise et on essaye d’être heureux en lisant le journal.

Le club-house n’a pas encore ouvert ses portes et la piscine n’est même pas encore remplie. Pour qui d’ailleurs ? Personne n’habite encore ici à part eux. Jusqu’à l’arrivée de Maxime et Marlène. Puis de Léa.

Maxime Node, ce gars là sait tout mieux que les autres, il est dragueur, grande gueule, raciste et armé d’un Smith & Wesson qui n’a servi qu’une seule fois dans un club de tir.

C’est calme… Tellement calme qu’on s’emmerde même à plusieurs…

 

La paranoïa s’installe quand un clan de gitans vient s’installer à proximité de la résidence. Heureusement que les Conviviales sont protégées ! Une vidéo surveillance, une clôture électrifiée et M. Flesh qui monte la garde aussi bien qu’un Doberman !

 

On ressent vite la bêtise, l’hypocrisie et la méchanceté du commun des mortels: 

Odette est obsédée par une mouche qui la poursuit, Maxime est mauvais comme la gale depuis que Léa n’a pas répondu à ses avances, qu’un swing un peu trop zélé lui a pété le dos et le cloue dans un fauteuil roulant. Martial, qui a bien failli prendre une balle, et Marlène temporisent comme ils peuvent. Et puis ces gitans, des bandits sans aucun doute !

L’atmosphère est plus lourde qu’une chape de plomb. Un huis clos à ciel ouvert.

 

Le fin du téléfilm et la fin du roman sont différentes mais je ne vous les raconterais pas. Si vous aimez les études méticuleuses de personnages, les situations absurdes, les dangers invisibles, ce livre est pour vous.

 

Je ne pense pas être passé à coté d’un chef d’oeuvre mais je me demande ce que j’en aurais pensé si je n’avais pas connu l’histoire avant d’ouvrir le livre.

 

Sans doute ne serai-je pas allée au bout.

 

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3 commentaires pour Lune captive dans un oeil mort

  1. Zette dit :

    Souvent, ça fait cet effet-là quand on voit l’adaptation ciné/tv d’un livre. Dommage. Mais je serais allée jusqu’au bout.

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  2. MHF dit :

    Un livre de moins à lire… Merci 😉

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  3. Cathy dit :

    C’est vrai qu’on est souvent déçu par l’adaptation filmé d’un livre mais là c’était l’inverse, j’avais vu le film avant, du coup, les personnages et le décor étaient plantés. C’est rare que j’abandonne un livre en cours de route quand même. Un peu comme ta dame aux camélias MH 

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