L’admiration

 

 

Dans la série des premières fois du mercredi, le sujet choisi par la joyeuse troupe pour aujourd’hui est:

 

Première idole.

 

Quand on parle d’idole, je ne peux pas m’empêcher d’y associer le mot fan, voire même fanatique et ça me déplaît fortement.

Un fanatique est à mon sens quelqu’un souffrant d’un trouble de la personnalité et qui le comble en s’appropriant celle de quelqu’un d’autre.

Fort heureusement, je ne me classe pas dans cette catégorie. Je n’ai donc jamais été et ne serais jamais fan ou fanatique que quelqu’un ou de quelque chose. J’ai déjà fort à faire avec moi-même !

 

Il est pourtant une personne pour qui j’ai eu une immense admiration.

 

J’en vois déjà parmi ceux qui me connaissent bien penser « ça y est elle va nous causer de Clapton !  »

 

Alors comme j’adore prendre le contre pied de toutes les idées reçues et que je ne peux pas m’empêcher de faire de petites balayettes à ceux qui pensent me connaitre, je ne vous parlerais pas de ce divin guitariste qui me déclenche des orgasmes auditifs depuis de nombreuses années et sur qui je suis quasiment incollable.

 

La personne qui me vient à l’esprit pour ce sujet, c’est Ayrton Senna.

 

Ce triple champion du monde de formule 1 décédé le 1er mai 1994 à l’âge de 34 ans au cours du grand prix de San Marino a été la seule personne a me faire lever à 5 heures du matin pour le voir tourner sur le circuit d’Osaka au Japon.

Son audace, son génie du pilotage, sa maîtrise et sa détermination ont été pour moi des valeurs fondamentales qui ont toujours résonné en moi.

 

J’ai découvert ce fougueux brésilien lors d’une de ses premières courses. Il pilotait à l’époque une Toleman et je me souviens être restée médusée devant ma télévision en regardant un grand prix de Monaco noyé sous des trombes d’eau et un jeune pilote qui malgré des conditions de piste épouvantables, enchaînait les chronos, les tours comme si de rien était jusqu’à ce que la direction de course décide de stopper la course pour des raisons de sécurité.

Ayrton Senna venait juste de prendre la tête de la course. La victoire lui échappa au profit d’Alain Prost.

 

L’année suivante en 1985, pour sa 2ème saison en formule 1, il entre chez Lotus et remporte son premier Grand Prix au Portugal. Plus rien ne pourra l’arrêter.

 

En 1988, il entre dans le Saint des Saints chez McLaren où il retrouve le seul pilote digne de son talent, Alain Prost.

Les médias auront vite fait d’en faire des ennemis jurés alors qu’entre les deux grands champions, seul le professionnalisme compte. Leur pilotage est certes différent, l’un est méthodique, l’autre est audacieux.

Ayrton Senna remporte cette année là son premier titre de champion du monde.

 

C’est cette approche de la perfection et cette audace que j’ai toujours admiré chez cet homme que rien n’arrête.

 

 

Senna.jpg

 

 

 

Coûte que coûte, ne jamais abandonner. Aller toujours au bout de soi et le dépasser, j’en ai fait mon leitmotiv.

 

 

En 1991, je vis un rêve en assistant au Grand Prix de Nevers Magny-cours . Installée juste à l’épingle d’Adélaïde, je vois ces merveilles de technologies passer de 300 à 80 km pour négocier le célèbre virage. Les disques de freins rougeoient, les moteurs rugissent, ça pue la gomme, l’huile et l’essence et je suis là, à 20 mètres des plus grands pilotes du monde. Quel pied !

 

1992 et 1993, je passe encore mes dimanches devant les Grands Prix à la télévision.

 

1993 se corse un peu puisque je partage ma vie avec un admirateur d’Alain Prost. Impossible même de regarder un Grand Prix assis dans la même pièce ! La seule exception à été notre présence à la première édition du Paris Bercy Karting Indoor où nous avons eu le bonheur de saluer à quelques mètres tous les grands noms de la Formule 1 dont bien évidemment Alain Prost et Ayrton Senna. Si je cherche dans mes placards, je devrais retrouver les photos de cette magnifique rencontre.

 

Ayrton Senna qu’on accuse d’être inconscient, dangereux, habité par Dieu n’a cure des accusations qu’on lui porte. Il reste concentré sur son métier. Il vit sa passion avec une intensité rare, une agressivité et une attaque permanente, une volonté inébranlable et un talent hors norme. I do my best  disait-il souvent.

 

Le 1er mai 1994, tout s’arrête dans un virage en Italie sur le circuit de San Marino.

Ayrton Senna, ayant quitté l’écurie McLaren pour celle de Williams Renault chez qui il ne se sent pas très à l’aise, est victime d’une casse mécanique et heurte le mur en béton du premier virage à plus de 210km/h. Il meurt sur le coup.Ce jour-là, j’ai pleuré.

 

Fin d’un mythe, fin d’une époque.

 

Depuis le retrait d’Alain Prost et le décès d’Ayrton Senna, je me suis totalement désintéressée de la Formule 1 où l’électronique a pris la place du pilote et où je n’ai jamais retrouvé la hargne d’un grand champion.

 

 

 

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11 commentaires pour L’admiration

  1. Je me souviens très bien de cette course fatidique. J’habitais encore chez mes parents, mon père suivait chaque Grand Prix. Plus tard, j’ai gardé cette habitude. Lorsque nous habitions en région parisienne avec celui qui allait devenir mon Demi, il n’était pas rare que nous nous endormions devant la lucarne ; Schumacher gagnait chaque compétition.  

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  2. Radegonde dit :

    !!! pareil !! j’ai pleuré ce jour là mais j’ai pleuré… Et depuis j’ai abandonné les grands prix ( sans regret, je n’ai jamais supporté Shumacher que ce soit l’homme ou le pilote)

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  3. ysa dit :

    Je me souviens parfaitement de cette course, j’étais devant la TV car à cette époque aussi je regardais , mais j’étais fan de Prost (ne me mord pas !!!)…. maintenant je ne regarde plus, c’est un peu comme le tennis que j’ai abandonné aussi, je suis les matches d’un oeil pour me tenir au courant…. Par contre je ne loupe pas le hand !!! d’ailleurs ce soir c’est match chez nous !!!

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  4. Cathy dit :

    Sandrine : Plus aucun interêt à l’arrivée du teuton  Radegonde : Bienvenue au club camarade  Ysa : Pareil, le hand, je suis toujours, il ne vaut mieux pas être à coté de moi lors d’une finale de chamionnat du monde 

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  5. ysa dit :

    Au contraire, à deux on fait plus de bruit encore !!!

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  6. Cathy dit :

    Prochaine finale, tu viens à la maison avec les écharpes et les pompes à pouêt !!!! 

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  7. MHF dit :

    C’est pas un peu « fanatique » de se lever à 5 heures du mat ??? 😉 Je n’ai jamais compris l’interet de regarder des voitures tourner dans le poste mais bon, ton article me dit que j’ai loupé quelque chose !

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  8. Joufflette dit :

    Oh oui ! J’étais petite mais je me souviens de lui et j’aimais beaucoup de pilote hors du commun ! Je regardais le grand prix quand il a eu son accident, ça m’a beaucoup choquée ! J’étais triste !

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  9. Lilith dit :

    Oh! Quelqu’un que je ne connais pas! Mais tonn article nous dit tout ; une véritable encyclopédie!!! (on voit bien que tu apprécie la personnalité) 

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  10. Zette dit :

    Tout pareil, ça n’a plus jamais été aussi mythique, beau et sportif après eux.   Je me souviens parfaitement de sa mort, le Préparant était tout petit, et on était à table, en famille, ça a été terrible.

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  11. Cathy dit :

    Je ne me suis jamais considérée comme fanatique de Senna, j’admirais sa personnalité, c’est tellement interressant d’étudier les êtres d’exception… Et si il me faisait lever à 5 h du mat’ c’etait pour 3 minutes, le temps d’envoyer Prost dans le décor et je retournais dormir 

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