Mon aventure au pays des fuites. Deuz !

 

Lundi 16 mai :

 

 

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Je sens une main sur mon épaule, je sursaute, l’infirmière est là dans la pénombre de la chambre.

J’ote mes bouchons, elle sourit en comprennant pourquoi je ne répondais pas à ses bonjours. Elle prend les constantes et s’en va. Il est 6 heures du matin.

Un quart d’heure plus tard, j’ai droit à un thé, ouf ! Après 7 heures, j’ai l’interdiction d’avaler quoi que ce soit. J’en profite pour dormir car les informations télévisées ne parlent que de l’arrestation de DSK, s’en est indécent.

A 11 heures, je prendrais une douche à la Bétadine et je revêtirais la magnifique tenue de bloc qu’on a posé sur la table à coté de moi.

Me voilà prète avec ma belle petite culotte bleue, ma blouse (on dit casaque mais le mot est trop moche ) bleue nuit, mes petits chaussons blancs et ma charlotte bleue ciel ( plus tard la charlotte, plus tard… )

 

A midi, on m’offre un Atarax 0,50, on m’intime l’ordre de ne pas me lever à cause des effets relaxants du calmant.

On voit bien qu’il ne me connaissent pas, ils ne savent pas qu’il faut une dose pour éléphant hystérique afin de m’assomer !

Je suis tout de même docile, je suis à la lettre les indications demandées. Pas bouger KT, pas bouger…

 

14h30, le brancardier arrive, m’installe sur un chariot et c’est parti pour une visite des plafonds de la clinique !

 

J’arrive dans la cour des miracles !

Une grande salle où ça fourmille de blouses blanches, bleues et roses. Mince je suis peut-être au pays des schtroumpfs, ils ont tous un petit bonnet.

Une dizaine de brancards occupés remplissent la pièce. Certains occupants se reveillent, d’autres attendent leur ticket pour Morphéeland, comme moi.

 

« Bonjour, je suis Marie, élève infirmière, je vais vous poser votre perfusion. »

« Salut la schtroumpfette, j’espère que t’es première de ta classe ! Vas-y ma grande, je te laisse faire, main gauche s’il te plait. »

Mes lunettes sont restées dans la chambre, tout est flou mais c’est pas le calmant qui fait effet, nan, nan ! 

Quelle cacophonie ! Un immense écran plat diffuse pour la ènième fois des images de New York. Ca s’active autour de moi, ça bippe, ça râle, ça rassure à tour de bras. On dirait un hopital de campagne après un bombardement.

Enfin c’est mon tour, trois tours de roues, un virage à droite et j’arrive au bloc.

 

Tout est blanc, impeccable . Mon chirurgien en tenue de schtroumpf rose vient me saluer. On m’aide à glisser sur la table. Ils sont deux à s’affairer sur moi. On me pose les capteurs de l’électro-cardiogramme, la pince à linge au bout de l’index gauche, on me couvre d’une couverture chauffante, mes mollets sont placés dans les goutières.

L’infimière anesthésiste me pose un masque à oxygène sur le nez, un regard à gauche et déja l’anesthesiste fourbe plante sa seringue dans ma perfusion, presque en traitre mais je t’ai vu ! J’ai mal dans la main et le poignet, le produit est très douloureux.

 

-« Au revoir madame, bon vol sur nos lignes! »

Au dessus de mon visage se penche l’infimière qui lui répond: » parce que tu as des lignes, toi ? »

 

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Soudain j’entend: « Ca y est, madame, tout s’est bien passé, respirez à fond. »

Nan, mais j’ai pas dormi, si ?

C’est fantastique, je n’ai pas eu le temps de sentir le sommeil que je me reveille déjà !

 

Je suis de retour dans la cour des miracles. Je bipe, un schtroumpf arrive, il me demande de respirer.

J’ai mal, un peu…supportable.

Je re bipe, re schtroumpf . Il me demande me penser à ma respiration. C’est bon j’ai compris ! Ah oui c’est vrai que ça peut-être utile si je veux rester en vie.

 

J’ai appris il y a peu le fonctionnement d’une anesthésie générale.

Le produit injecté est composé de trois éléments indisociables :

 

Un hypnotique qui sert à stimuler les zones du cerveau qui provoque le sommeil

Un opiacé qui sert à bloquer les zones qui gèrent la douleur

Le curare qui paralyse et permet un relachement musculaire total.

 

C’est à cause de cette paralysie qu’on place le patient sous respirateur durant l’anesthésie.

Forcement quand on se reveille, il faut penser à remettre les poumons en route !

 

Une infirmière m’injecte un antalgique et vu que je bipe encore, elle me demande une fois de plus de bien vouloir respirer, Ok je vais y penser !

16 heures, j’emmerge totalement de mon trip. Les schtroumpfs sont sympas, j’observe les alentours, vivement que je remonte au calme dans ma chambre !

Aussitôt dit, aussitôt fait, je ne bipe plus alors je suis de retour dans ma chambrette. Les infirmières s’activent autour de moi. Il faut dire que je ne suis pas très libre de mes mouvements avec une perfusion dans la main, une sonde dans la vessie et un tensiomêtre au bras.

J’ai encore mal, ce doit être la sonde ou les mêches vaginales ( sympa, non ?). L’infirmière me fait passer un nouvel antalgique et ça se calme.

 

Sister m’appelle, c’est bon de l’entendre, vivement samedi qu’on fête son anniversaire !

Loulou m’appelle… trois fois :

« Je peux avoir un mot pour éviter la perm’ demain ? »

« Où sont les piles ? »

« La télé marche plus ! »

Merci de ne pas me demander comment je vais, INGRAT !!

Tout le monde m’appelle, je fatigue …

 

Ce soir je dine plus tard mais je dine. Lasagnes et salade. c’est fini les diètes donc…

 

 

To be continued …

 

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2 commentaires pour Mon aventure au pays des fuites. Deuz !

  1. ysa dit :

    Ca me stresse ton truc dès le lundi matin….. mais tout est bien qui finit bien, tu manges des lasagnes !!!

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  2. La Râleuse qui râle plus dit :

    Je me doutais bien que ce lundi ne serait pas comme les autres… Ben merde, c’est moi qui passe au bloc et c’est toi qui stresse ! Tu veux que je te tienne la main ?    

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